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lundi 25 juin 2007

Google rachete DoubleClick

Les records sont faits pour être battus. Google vient encore d'en faire la démonstration en rachetant l'éditeur de solutions marketing DoubleClick pour un montant sans précédent de 3,1 milliards de dollars cash.

Le rachat deDoubleClick par Google pour un montant de 3,1 milliards de dollars cash a été annoncée vendredi soir. DoubleClick était depuis 2005 la propriété du fonds d'investissement Hellman & Friedman qui l'avait racheté pour 1,1 milliard de dollars.
Avec ce rachat Google fait d'une pierre deux coups. En premier lieu, il relègue Microsoft au second plan. La firme de Bill Gates, qui espérait mettre la main sur DoubleClick pour renforcer sa position sur le marché de l'e-pub, n'aura pas réussi à avoir le dernier mot face à la surenchère de Google qui disposait d'un trésor de guerre de 11,2 milliards de dollars fin 2006. DoubleClick réalisait en 2004 un chiffre d'affaires de 301,6 millions de dollars, dernier résultat connu avant le rachat de la société par un fonds d'investissement privé. Le chiffre d'affaire 2006 est estimé à moins de 250 millions de dollars compte tenu de la revente de sa branche e-mailing.

Cette acquisition permet par ailleurs au moteur de recherche de mettre la main sur la technologie DART de DoubleClick qui permet aux annonceurs, éditeurs de site et agences de web marketing de piloter à la performance et de contextualiser des campagnes de bannières publicitaires. Déjà leader sur le marché des liens sponsorisés, Google place donc au mieux ses pions dans la perspective d'une forte progression des bannières publicitaires. Selon Merill Lynch, ce marché représentait 34 % des revenus de l'e-pub en 2006 contre 43 % pour les liens sponsorisés.

Pour Google, le but de l'opération est aussi d'approfondir ses relations avec les plus grands annonceurs et éditeurs de sites du monde. Ford, Meetic, Ciao, MTV sont, par exemple, clients de DoubleClick.

Une perspective qui n'enchante pas tout le monde à commencer par Microsoft, mais aussi AT&T ou encore Time Warner qui ont encouragé l'autorité de régulation antitrust américaine à se pencher sur le dossier. Des responsables de ces sociétés ont indiqué leurs craintes de voir Google en position de monopole sur le marché émergent de la publicité online.

Brad Smith, juriste en chef chez Microsoft a ainsi précisé que Google et DoubleClick représentaient 80 % des publicités publiées sur des sites tiers. Pour David Hallerman, analyste chez eMarketer, les revenus publicitaires de Google en 2007et aux Etats-Unis devraient s'établir à 6,3 milliards de dollars soit l'équivalent de 32 % du marché de l'e-pub US. Et de rappeler que beaucoup d'économistes considèrent qu'une société qui contrôle plus de 25 % d'un marché donné est en position monopolistique.

Neuf Cegetel remporte Club Internet

Neuf Cegetel a passé Iliad-Free sur la ligne d'arrivée. Des deux opérateurs encore en lice pour la reprise de Club Internet, c'est finalement Neuf Cegetel qui emporte la mise. L'information, révélée par Les Echos, a été confirmée au JDN par des sources industrielles. Ce matin, Neuf Cegetel précisait pourtant dans un communiqué "qu'il n'a, à ce jour, conclu aucune transaction concernant l'acquisition de Club Internet". Cependant, Iliad n'étant pas prêt à surenchérir sur la dernière offre de Neuf Cegetel, les jeux semblent faits. Quitte à ce que ce dernier perde la place de numéro deux de l'ADSL en France.

Selon le quotidien Neuf Cegetel aurait mis entre 430 et 460 millions d'euros sur la table pour remporter la mise. Un montant qui ne prend pas en compte les frais de restructuration (100 millions d'euros selon nos informations) et près de 200 millions d'euros de charges lissées sur près de 12 ans. Soit un investissement global d'un minimum de 700 millions d'euros. Une somme considérable, notamment en regard de l'acquisition d'AOL par, déjà, Neuf Cegetel.

Ainsi, cette opération valoriserait l'abonné ADSL de Club Internet entre 711 et 766 euros, contre seulement 576 euros pour un abonné AOL en septembre dernier si l'on s'en tient au prix de l'acquisition. Soit un prix par abonnés haut débit au moins 25 % plus élevé. Mais ce qui est rare est cher. Et Club Internet est, avec Alice (Telecom Italia), l'un des deux dernièrs FAI qui restent à consolider. Un FAI qui bénéficie en outre d'une marque à forte notoriété. Mis en vente début mars, Club Internet a d'ailleurs continué à valoriser sa marque par une campagne télévisée.

Ce n'est pas la première fois que les Neuf Cegetel et Iliad entrent en confrontation directe. Ils s'étaient déjà retrouvés face à face pour l'acquisition d'AOL France. Si Iliad ne s'était pas particulièrement montré motivé à l'idée de racheter AOL, ce ne fut pas le cas pour Club Internet. En effet, Iliad aurait formulé une offre se situant entre 380 et 400 millions d'euros. C'est-à-dire suffisamment pour passer la première sélection opérée par Deutsche Telekom pour l'obtention de sa filiale française. Un stade que Noos-Numéricable n'avait pas atteint, pour avoir proposé une offre trop basse. Alice (Telecom Italia), un moment pressenti pour se joindre au bal des prétendants avait finalement reculé suite à la crise secouant sa maison mère.

Dépassé par Neuf Cegetel dont le nombre d'abonnés ADSL cumulé avec Club Internet atteint les 2,8 millions -chiffre au 1er février, Iliad, avec 2,3 millions d'abonnés ADSL, doit maintenant compter sur sa croissance organique pour gagner des parts de marché. Certes, Free gagne plus de nouveaux clients que Neuf Cegetel chaque trimestre. Mais il lui faudra sans doute plus de temps pour reprendre sa place de numéro 2 qu'après le rachat d'AOL par son concurrent numéro 1. En effet, si cela lui avait pris deux mois à l'époque, les analystes lui donnent dorénavant un an et demi pour retrouver sa place. A moins que Free ne procède entre temps à l'acquisition d'Alice. A moins que Neuf Cegetel ne casse une nouvelle fois sa tirelire.